"Aujourd'hui le système éducatif ne permets pas le développement de l'esprit critique."
📺 La semaine dernière, Kévin Boiveau, directeur de l’Aroéven Bretagne, est intervenu dans la matinale de TF1 à l’occasion d’un reportage consacré au futur projet de loi du gouvernement prévoyant notamment :
- l’interdiction de l’usage du téléphone portable au lycée,
- l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 15 ans.
Ce projet de loi s’inscrit dans le prolongement des préconisations de la Convention Citoyenne sur les temps de l’enfant, dont le rapport, rendu fin 2025, met en lumière plusieurs enjeux majeurs : lutte contre le cyberharcèlement, limitation de l’exposition à des contenus inappropriés et prévention des effets du numérique sur le sommeil et la santé mentale des jeunes.
Si l’interdiction du téléphone portable est déjà en vigueur au collège depuis 2018, sa mise en œuvre reste inégale et insuffisamment évaluée. Les données fiables sur ses effets réels demeurent trop rares. Il est donc indispensable de donner aux établissements les moyens concrets d’appliquer ces mesures et de conduire un véritable bilan avant d'envisager un déploiement de cette interdiction dans les lycées.
👉 L’Aroéven Bretagne salue la volonté de reprendre les propositions de la Convention citoyenne, à condition qu’elles soient mises en œuvre de manière globale, cohérente et structurée — et non fragmentée, comme le laisse aujourd’hui apparaître ce projet de loi. Cette proposition traduit surtout un manque de moyens et d’ambition des politiques publiques depuis des décennies, dont les jeunes font une nouvelle fois les frais. Et malgré l’annonce de la santé mentale comme grande cause nationale en 2025, les actions engagées ne sont toujours pas à la hauteur des enjeux.
Maintenant que le sujet est sur la table, refusons une réponse uniquement répressive et restrictive, limitée à quelques interdictions. Nous plaidons pour une politique publique ambitieuse, pérenne et éducative, capable à la fois de protéger les jeunes des dérives du numérique et de renforcer leur esprit critique. Cela implique notamment de :
- renforcer la formation des enseignant·es et des professionnel·les de la jeunesse ;
- soutenir les parents et responsables légaux dans l’accompagnement des usages numériques des jeunes ;
- développer l’éducation aux médias, les compétences psychosociales et l’esprit critique dès l’école ;
- poursuivre le déploiement de formations et d’outils de prévention et de lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement.
🎓 À l’Aroéven Bretagne, nous agissons déjà sur ces thématiques à travers des formations en éducation aux médias, en développement des compétences psychosociales et des dispositifs d’ambassadeur·ices contre le harcèlement scolaire, au service des jeunes et des équipes éducatives. Face à l’ampleur des enjeux, il est temps de passer d’une logique de réaction à une véritable stratégie nationale d’éducation, de prévention et d’accompagnement du numérique.





